Guillaume Henri Dufour

Général Dufour
militaire, ingénieur, topographe, homme politique
Nationalité
Suisse
Biographie

Après le Collège, Guillaume Henri Dufour entreprend des études de lettres et de physique à l'Académie de Genève, puis s'inscrit à l’École polytechnique de Paris (1807-1809) et poursuit à l’École d'application du génie de Metz (1809-1810). Dès 1811, il sert dans l'armée napoléonienne, notamment en garnison à Corfou, puis responsable de la défense des fortifications de Lyon et atteint le grade de capitaine d'état-major. Il démissionne en 1817 et intègre l'armée fédérale comme capitaine (lieutenant-colonel en 1820, colonel en 1827, chef d'état-major en 1831, quartier-maître général de la Confédération en 1832, général en 1847).
Cofondateur de l'Ecole militaire centrale de Thoune en 1819, il y est instructeur du génie, directeur de 1831 à 1834 et professeur du futur Napoléon III. En 1833, la Diète le charge d'occuper Bâle avec une division, puis le désigne comme général des troupes fédérales en charge de dissoudre le Sonderbund, le 21 octobre 1847. Il gère ensuite la révolution dans le grand-duché de Bade (1849), l'affaire de Neuchâtel (1856), la défense lors des affrontements en Lombardie (1859) puis se retire définitivement de l'état-major fédéral en 1867.
Parallèlement, il assume les fonctions d'ingénieur cantonal à Genève de 1817 à 1850 et entreprend des travaux d'aménagements urbains dès 1823 (ponts suspendus, quais, établissement du cadastre genevois et d'une ligne ferroviaire Lyon-Genève), tout en donnant épisodiquement des cours de mathématiques, géométrie, géodésie et hydraulique à l'Académie. Siégeant dans les rangs des libéraux au Conseil représentatif de Genève en 1819, il est élu au Conseil municipal en 1842, député au Conseil national de Genève (1854-1857). Il dirige également les travaux de triangulation du territoire de 1832 à 1864, aboutissant à la première carte topographique de la Suisse qui porte son nom. Il siège aussi au Consistoire de l'église nationale protestante de 1847 à 1855. En 1863, il est l'un des cinq cofondateurs du Comité international de secours aux blessés, embryon du futur Comité international de la Croix Rouge.
Dufour est décoré de nombreuses distinctions: 5 Légions d'honneur, Ordres de la Couronne de fer autrichienne (1868), des Saints-Maurice-et-Lazare (1868). En son honneur, le plus haut sommet suisse dans le massif du Mont Rose est baptisé "pointe Dufour" en 1863, une statue équestre est érigée sur la place Neuve (1884), un billet de 20 francs est à son effigie (de 1956 à 1980) et de nombreuses rues ou places portent son nom (à Genève rue entre le bâtiment électoral et la synagogue).
Dufour a quatre filles avec Susanne Bonneton. A la mort de son père, en 1837, il devient propriétaire du château de Montrottier près d'Annecy qu'il vend pour acquérir un terrain aux Contamines où il fait bâtir une maison qu'il occupe de 1845 jusqu'à sa mort.

Adresse historique
1787-1789: Allemagne, Constance
1789 : Genève, rue de Coutance
Genève, place des Trois-Perdrix
1807-1809: France, Paris
1809-1811: France, Metz
1811-1814: service actif dans les troupes napoléoniennes, notamment à Corfou
1817-1825: Genève, rue de la Cité 15 (anciennement 221)
1825/26-1845: Genève, rue des Belles-Filles 38 (actuelle rue Etienne-Dumont, 14)
19.06.1845-1875: Genève, Contamines (actuel rue de Contamines, 9a)
Source
Bibliothèque de Genève, Manuscrits et archives privées, Archives Guillaume Henri Dufour
Bibliographie
Mohamedou, Mohamed Mahmoud ; Rodogno, Davide, Temps, espaces et histoires : monuments et héritage raciste et colonial dans l’espace public genevois : état des lieux historique / étude réalisée par le Geneva Graduate Institute à la demande de la Ville de Genève, Genève, Département d’histoire et politique internationales, Institut de hautes études internationales et du développement, 03.2022. 179 p., P. 69
Jean-Jacques Langendorf, Guillaume Henri Dufour, ou la passion du juste milieu, 1987