Eugène Emmanuel Viollet-le-Duc
Architecte spécialisé dans la restauration des monuments historiques, domaine dont il est l'un des principaux théoriciens en France au 19e s., connu notamment pour ses travaux à l’église de la Madeleine à Vézelay (dès 1839) et à la cathédrale Notre-Dame de Paris (dès 1843). Mandaté à Lausanne pour restaurer la cathédrale de Lausanne le 18.08.1872, il conçoit notamment la rénovation de la tour-lanterne. Le chantier durera de 1872 à 1876; le sculpteur Raphaël Lugeon l'a figuré vingt-cinq ans après sa mort en roi David sur le portail dit de Montfalcon (1904-1905) parmi d'autres personnalités ayant œuvré à la restauration de l'édifice.
Viollet-le-Duc est appelé à Genève pour la restauration de la chapelle des Macchabées dont il établira un projet partiellement réalisé (1874-1878). Toujours à Genève, il on lui demande son avis pour trancher la question du choix du lieu où devait être ériger le tombeau du duc Charles de Brunswick (1874); il proposera un projet de monument funéraire qui ne sera pas retenu. L'activité de Viollet-le-Duc en Suisse romande n'a pas été sans susciter la controverse et a favorisé, par réaction, une approche plus fidèle à la vérité archéologique de la conservation des monuments, qui deviendra dominante au tournant des 19e et 20e siècles.
Viollet-le-Duc passera dans la capitale vaudoise les dernières années de sa vie. En 1876, il se fait construire une maison-atelier à Lausanne, villa dite « La Vedette » ornée d'un panorama alpin imaginaire (détruite en 1975). Il est aussi l'auteur des plans de l’église écossaise de Lausanne (avenue de Rumine, 26), inaugurée en 1877.
Auteur d'une carte topographique du Mont-Blanc et de nombreux ouvrages, dont un "Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe s." (8 vol., 1854-1868), de "Les entretiens sur l'architecture" (1863) et de "Le massif du Mont Blanc" (1876).