Michel Edouard Slatkine: l’amour du livre en héritage
Michel Edouard Slatkine: l’amour du livre en héritage
La Bibliothèque de Genève avec ses riches collections imprimées anciennes et modernes était l’un des lieux de prédilection de Michel Edouard Slatkine, personnalité genevoise de l’édition suisse et francophone, décédé dans sa 92e année le 2 décembre dernier. Les ouvrages qu’il publiait y trouvaient à leur tour leur place, que cela soit en vertu de la loi sur le Dépôt légal qui enjoint aux éditeurs genevois de remettre à la Bibliothèque un exemplaire de leur production ou encore de la politique d’acquisition de l’institution faisant la part belle aux sciences humaines, notamment à la littérature et à l’histoire. Près de 10'000 titres de la maison Slatkine figurent ainsi au catalogue de la Bibliothèque de Genève et participent d’un patrimoine vivant et d’une culture accessible à tous et toutes.
En 1964, il avait fondé la maison Slatkine Reprints et il s’était fait connaître par la réimpression de livres anciens et rares. Depuis 1973, en rachetant Honoré Champion, maison parisienne, il était devenu actif dans l’édition d’érudition et de textes universitaires. Quelques années plus tard, il publiait des ouvrages richement illustrés à destination d’un public plus large auxquels s’ajouteraient des livres à caractère régionaliste, romand et genevois.
A l’occasion de la sortie de Fleuron, une très soignée collection de poche, Michel Edouard Slatkine avait rappelé en 1994 à l’antenne de la RTS son amour des livres. A ses yeux, le bel ouvrage, celui fabriqué avec un savoir-faire et des matériaux de qualité, était indispensable à l’expérience sensible de la lecture et à la constitution d’un patrimoine pérenne. A l’ère du numérique, l’éditeur demeurait convaincu que le livre imprimé resterait le vecteur privilégié des grands textes de l’Humanité. Il tenait ce goût du livre humaniste de ses études classiques à la Sorbonne et de son métier originel, la librairie ancienne, qu’il avait appris en famille et auprès de l’éditrice Eugénie Droz. Cette passion du livre et la maison d’édition qui l’incarne, il les avait transmises à ses fils, Michel-Igor et Ivan, qui lui avaient été associés dès 2001.
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